La ville de New York fait du compost

La dense ville de New York s'engage dans le compost, avec le citoyen. Le but est d'éduquer, de sensibiliser, de multiplier et soutenir les sites de compostage gérés quotidiennement par des citoyens volontaires. Et c'est le travail de la municipalité et des résidents...  

Déjà, qu'on se le dise, tout l'intérêt du programme 'Compost NYC' est d'être à la fois une volonté politique, le travail d'un service de la mairie, et l'action de citoyens sur le terrain. L'histoire commence en 1993. Un service de la mairie mène un programme de compost. Ce programme encourage les résidents à réaliser du compost et tente d'augmenter les sites de compost dans la ville. Ce travail là prend une autre ampleur quand la volonté politique exprimée en 2015 désigne le but suivant : 'arriver à zéro déchet en 2030'. La matière organique représente 30 % de la totalité des déchets. Depuis 1993, le programme sur le compost se concentre sur l'éducation, l'aide technique, les ateliers, les tables rondes, les évènements. Les différents lieux volontaires peuvent être un groupe de résidents, une école, un quartier, une entreprise. La ville amène de l'assistance au niveau technique à ces différents sites, et soutient le réseau dans son ensemble. Il y a un avantage pour la collectivité essentiel, celui de ne pas faire voyager la matière. À côté du programme des sites de compost, il existe un ramassage organisé par des camions des matières organiques. Entre ces deux programmes, la ville espère servir la majorité des habitants, soit près de 8 millions et demi d'habitants. La technicienne en charge du dossier explique cette démarche. 

Comment ça marche ?

Les sites fonctionnent grâce aux référents. Ils ont un immense rôle pour expliquer à quel point il est important et facile de réaliser du compost. Les volontaires ont un rôle de passeurs, ils apprennent aux autres. Ce sont eux qui peuvent créer ou détruire un site de compost, puisque cela dépend de leur engagement dans la durée. Pour cette raison, il est important qu'un site ne dépende pas d'une seule personne. Sinon, que faire quand ce volontaire prend des vacances ? Il faut ensuite regarder le budget, s'assurer d'avoir à la fois de la matière sèche et humide pour réaliser les différentes couches, avoir une vision sur le long terme.

Quels sont les différents sites ?

Nous avons commencé au départ avec les jardins botaniques, avec des gens déjà convaincus, des jardiniers. Peu à peu nous travaillons avec toute sorte de personnes, pour des groupes, des quartiers, mais aussi des écoles. Les écoles adorent étudier le compost. Pas besoin d'un grand budget, il suffit d'utiliser une poubelle avec des vers, de la mettre sous un évier, ou dans un autre lieu. Nous encadrons les écoles pour réaliser cela. Une de nos écoles s'implique beaucoup, avec un conteneur en plastique dans chaque salle de cours, où les enfants déposent la matière. C'est un projet scientifique. Les enfants nourrissent les déchets alimentaires aux vers. La décomposition se passe très vite. Les écoliers peuvent voir les déchets alimentaires se transformer. C'est une excellente expérience scientifique à réaliser. Il y a beaucoup d'opportunités pour les écoles. Les gens ont réellement différents projets. Et nos conseils dépendent de ce qu'ils cherchent à construire. Ce n'est pas le même système à mettre en place, si l'initiative vient d'une piscine ou d'un cinéma, ou d'une école. Ensuite l'engrais produit n'est pas vendu, il revient à la collectivité qui le produit. 


Un conseil ?

Il faut commencer petit, avec un groupe vraiment investi dans cette dynamique. Le projet demande beaucoup d'engagement. Il faut retourner la pile de matières organiques, et donner beaucoup d'attention au projet. New York a une particularité, sa densité. Nous avons donc pensé les choses de telle façon qu'il n'y ait pas d'odeur ou d'infrastructure qui gène le paysage. Le plus important est de s'assurer d'un groupe de gens engagés dans le projet, bien travailler en amont quel système est approprié au projet présenté, et définir comment les personnes travaillent entre elles. Notre programme comporte plusieurs dimensions, une partie sensibilisation et éducation, une partie soutien technique, et une partie suivi des volontaires. Nous avons un grand travail à faire encore aujourd'hui à expliquer la nécessité de faire du compost.