RAT'S CUP


La Rat's Cup, événement de début septembre à la côte des Basques à Biarritz est passé de compétition de surf à festival de musique et se résume aux valeurs d'une bande de potes surfeurs qui grandit ensemble : fraternité, amitié, partage, avec cette authenticité, cet historique que d'autres cherchent à créer dans leur marketing.

Ce que l'on sait moins, c'est que l'association ALC, c'est aussi des projets solidaires au Maroc, en Dominique où les jeunes essaiment ailleurs ce qu'ils ont appris, et ce qu'ils savent être la véritable culture du surf.


Pierre Denoyel, président de l'association ALC, peux-tu nous parler de l'historique de la Rat's Cup ?

C'est d'abord l'histoire de ALC, association créé en 2013. C'est l'histoire du lieu où nous avons grandi, le club de surf de la famille Bégué dans l'hôtel du Carlina, où nous avons créé des liens, où nous sommes devenus une bande de potes, avec notre compétition de surf qui nous réunit depuis 2004, la Rat's Cup, grace à Nora Loiseau.

En 2013 est née la volonté de mener des actions ensemble, de transformer la Rat's en un événement plus important, avec le souhait d'inviter des gens, des artistes, de montrer notre vision de la pratique du surf, une vision moins formalisée que celle d'événements classiques. Les entreprises se cherchent une histoire, un story telling dans leur marketing, et des valeurs qui sont intrinsèques à notre vécu depuis l'enfance et à notre héritage au travers de générations de surfeurs. L'événement de la Rat's Cup reflète cette réalité, notre mentalité et une certaine vision du surf. Réaliser ce festival à la plage où nous vivons tous les jours a du sens.

La connexion avec le groupe 'La Femme', des amis d'enfance qui ont grandi avec nous au club, fait que la qualité des artistes est présente depuis le début. À cet atout, s'ajoute les bénévoles, une vingtaine de volontaires qui se donnent à fond pour faire passer un bon moment à tous les gens qui arrivent à la côte des basques.




Ce festival participerait aussi à financer des projets solidaires ?

Notre première initiative a été de profiter d'un voyage entre potes au Maroc pour ramener tout un stock de planches et de combinaisons, soit 100 kilos de matériel. Puis, nous avons organisé des nettoyages de plage et une compétition. Les locaux nous ont vu faire pendant trois ans. Ils ont vu une simple bande de potes arriver à se structurer et réaliser des actions ensemble au travers d'une association. Ils s'en sont emparés et l'événement perdure.

Après un an sans avoir les moyens de réaliser une action semblable, ce qui nous a manqué, nous avons changé de destination. Gérémie Brasset, originaire de Martinique nous alerte de la violence du cyclone Maria qui dévaste l'île en 2017. Dans un pays au PIB classé 186 ème sur 194, les gens mourraient de faim. Nora Loizeau sont partis juste après le cyclone, et ont vu les dégâts. L'argent restant du festival a permis l'achat de produits de première nécessité, des moustiquaires, des graines pour réaliser un potager. Depuis, il y a un champ de permaculture ALC en Dominique.

L'année suivante, nous avons continué avec une collecte de planches. C'est en bateau que nous avons ramené le matériel récolté, une quarantaine de planches, de masques, de tubas. Nous avons reconstruit le local de surf dont le toit s'était envolé, et mis les planches à disposition de tous, avec un jeune pour gérer le local.

Les locaux voient peu de touristes, encore moins des personnes arriver avec du matériel pour eux, et tenter de transmettre le plaisir de vivre ensemble à la plage et les bases de la sécurité en mer. Le village est situé le long d'une rivière qui se jette dans l'océan. Les enfants préfèrent le cour d'eau aux vagues. Nous leur avons appris à se débrouiller dans les vagues, à glisser, sous les yeux des parents, d'abord inquiets, puis confiants. Nous avons invité le village à manger, et servi un repas de 150 couverts. 

C'est un voyage entre amis qui a du sens. Le plus appréciable est de voir le résultat de nos actions, les légumes qui poussent, le local, le matériel. Derrière ces initiatives, nous récoltons beaucoup de sourires et de joie de vivre.


Comment soutenir ?

Nous pouvons réaliser ces actions avec les bénéfices du festival. L'argent de la Rat's Cup ne sert pas aux frais de voyage, mais bien à aider les gens sur place. Pour soutenir, venez simplement au festival. Si l'édition est un succès, nous pouvons mener ce genre de projets, faire preuve de solidarité dans notre milieu. 

Nous avons aussi une vingtaine de partenaires qui nous soutiennent, dont la majorité sont des commerçants biarrots, et les bénévoles sans qui le festival ne peut pas se faire. Cette année, nous souhaiterions inviter des musiciens de Dominique à la Rats Cup.

Donc, dans l'immédiat, vous pourriez participer à notre cagnotte Leetchi qui vise à financer le voyage de cinq locaux de Dominique, pour aider à faire vivre les valeurs de partage, de solidarité, les voir jouer de la musique, surfer, et pour certains prendre l'avion pour la première fois de leur vie.